Principales données économiques et financières

Croissance économique : + 2 % en 2017

  • Malgré une reprise économique plutôt solide, la croissance française demeure en 2017 encore en-deçà de la moyenne européenne : + 2,3 % en moyenne prévus en 2017 dans la zone euro et + 2,4 % dans l’UE.
  • La croissance française se rapproche de son niveau de 2011 (+ 2,1 %), plombé par la suite, sous le quinquennat Hollande.
  • Pour 2018, le Gouvernement avait tablé sur + 1,7 % (LF 2018), l’OCDE sur + 1,8 %, le FMI et la Banque de France sur + 1,9 %, l’Insee pour sa part prévoit un ralentissement en début d’année mais un acquis de croissance de + 1 ,6 % au premier semestre 2018.
  • A noter que la Banque de France prévoit un ralentissement de la croissance en France ces prochaines années : + 1,9 % en 2018, + 1,7 % en 2019 et + 1,6 % en 2020 (+ 1,7 % chaque année pour le Gouvernement).

Déficit commercial : Si la croissance repart, la France demeure handicapée par son déficit commercial trop élevé.

  • Le déficit commercial de la France s’est à nouveau creusé en janvier pour atteindre 5,6 milliards d’euros, contre 3,6 milliards en décembre (dû notamment au recul des exportations et aux fortes importations).
  • En 2017, le déficit commercial cumulé de la France a atteint 62,6 milliards d’euros, contre 48,3 milliards en 2016, soit la plus forte dégradation observée depuis 2011.
  • Pour 2018, le gouvernement ne prévoit pas de franche amélioration de la situation et anticipe un déficit commercial de 62,8 milliards d’euros. Euler Hermes pronostique pour sa part un solde à -70 milliards d’euros, toujours plombé par les importations et le renchérissement du prix du pétrole.
  • Malgré des exportations dont le taux de croissance est le meilleur depuis 2011 (+ 4,5 % en 2017) (dopées par la demande de la Chine)[1], notre balance commerciale est largement déficitaire, notamment parce que notre appareil productif n’est pas en mesure de fournir les biens intermédiaires que nous importons (hausse de + 6,8 % des importations en 2017).

Déficit public : – 2,6 % PIB en 2017

  • Avec – 2,6 % du PIB (- 59,3 milliards d’euros), le déficit public retrouve son niveau d’avant la crise (- 2,5 % en 2017). Mais ce recul significatif (de 0,8 point par rapport à 2016) repose exclusivement sur une conjoncture favorable : les prévisions de croissance et d’élasticité des recettes ont été révisées, sans quoi le déficit aurait été de -3,3 % en 2017, bien au-dessus des 3 %. Les recettes ont crû plus vite (+ 4 %) que les dépenses (+ 2,5 %).
  • Cette amélioration ne doit pas cacher le fait que la France demeure en queue de peloton européen, En Allemagne, les comptes sont en excédent budgétaire depuis déjà 2014 (+ 0,3 % en 2018) (et + 0,8 % aux Pays-Bas). La moyenne du déficit public au 3e trimestre 2017 est de – 0,3 % dans la zone euro et -0,6 % dans l’UE28[2].
  • La Cour des comptes a ainsi rappelé en janvier 2018 que « même avec un déficit ramené sous la barre des 3 %, la France continue toutefois de présenter une situation financière plus dégradée que celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro». « Les conditions à réunir pour atteindre les objectifs » de réduction du déficit fixés par le Gouvernement pour les prochaines années « sont nombreuses et loin d’être acquises ».
  • La Commission européenne, a pointé un « risque» pour 2018, avec le remboursement de la taxe française sur les dividendes, invalidée par le Conseil constitutionnel (PLFR de novembre) et la recapitalisation d’Areva. Pour Bruxelles, les deux contraintes « représentent des risques clairs pour la prévision et la correction du déficit en-dessous de 3,0 % du PIB ». La Commission européenne prévoit par ailleurs un déficit de – 3,0 % en 2019, comme le Gouvernement (mais – 3,2 % pour le FMI).
  • Rappelons que pour sortir de la procédure de déficit excessif, il faut que la France soit en-dessous des 3 % pendant au moins deux années consécutives… Elle pourrait donc bien se retrouver le dernier pays européen dans cette situation, alors que 24 Etats-membres étaient en déficit excessif en 2012…

Déficit public structurel : – 2,1 % PIB en 2018

  • L’amélioration du solde structurel ne serait que de + 0,1 % en 2017 : la France est six fois en-dessous de l’objectif assigné par nos partenaires européens (+ 0,6 %) (épuisant ainsi en une seule fois la marge de manœuvre autorisée par Bruxelles).
  • L’OCDE et le FMI prévoient pour leur part une aggravation du déficit structurel en 2018 (respectivement – 0,3 % et – 0,4 %).

Dette publique : 97 % PIB en 2017

  • D’après la LF 2018, la dette se stabiliserait en 2018 (96,8 % en 2017 et 2018), mais augmenterait en 2019 (97,1 %) avant de décroître en 2020[3].
  • Cependant, l’Insee a établi le taux d’endettement en 2017 à 97,0 % du PIB, après 96,6 % en 2016 (218 milliards d’euros, contre 2.152 milliards en 2016 : + 66 milliards d’euros, soit 140 % de la dette de la SNCF) (33.000 euros par Français).
  • 97 % de dette en France en 2017 est à comparer avec 88,1 % dans la zone euro et 82,5% dans l’UE28 au 3e trimestre 2017[4].
  • L’Etat va emprunter un montant record sur les marchés en 2018 : 195 milliards d’euros; du jamais-vu depuis plus de dix ans… en cas de remontée des taux, le choc serait très rude ! Le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a mis en garde, en juillet dernier, le Gouvernement : « Le pays fera face à un choc de la dette souveraine en ne reprenant pas le contrôle sur sa dette publique avant que les taux d’intérêts n’augmentent brusquement ». Il a insisté sur la nécessité d’une « réforme des services publics », l’embellie économique permettant d’engager les réformes structurelles sans tarder.
  • Le président de la BCE, Mario Draghi, prévoit une remontée des taux mi-2019. Le taux OAT 10 ans a déjà commencé sa remontée (1,025 % le 15 février contre 0,777 % début janvier).
  • Rappelons qu’une hausse de taux de 1 % conduirait à augmenter la charge de la dette de 2 milliards d’euros en 1 an, 4,5 milliards en 2 ans, près de 7 milliards en 3 ans et 9 milliards d’euros au bout de 4 ans.

Prélèvements obligatoires : 45,4 % PIB en 2017

  • Le taux de prélèvements obligatoires a fortement augmenté en 2017 de 44,6 % à 45,4 %[5] (essentiellement en raison de la surtaxe d’IS et de la montée en charge de la taxe carbone).
  • Si l’on tient compte du ratio recettes fiscales/PIB pour mesure le niveau de pression fiscale en France, notre pays apparaît comme celui dont le niveau de fiscalité est le plus élevé dans l’Union européenne en 2016, devant le Danemark, selon la prévision d’Eurostat du 7 décembre dernier : 47,6% du PIB en France, contre 41,3% pour la zone euro et 40% pour l’UE.

Dépenses publiques : 56,5 % PIB en 2017

La dépense publique augmenterait en 2018 en valeur : + 1,2 %, après +1,8 % en 2017,
+ 1,4% en 2016 et + 0,8 % en 2015.

La masse salariale de l’Etat continuerait de croître de +1,6 %.

Mais selon la publication de l’Insee du 26 mars 2018, les dépenses publiques ont en réalité progressé en valeur de + 2,5 % en 2017, contre + 1 % en 2016, les seules dépenses de fonctionnement progressant de + 2,2 % (après + 0,7 % en 2016) sous l’effet notamment de la hausse du point d’indice de la fonction publique en février 2017.

  • Les dépenses publiques ont donc dérapé en 2017 non seulement par rapport à 2016 mais aussi par rapport aux prévisions (+ 2,5 % en valeur alors que la prévision pour 2017 était de + 1,6 % dans la LF 2017 et de + 1,8 % dans la LF 2018). En volume, leur hausse a été de + 1,5 % et il n’y a eu aucun effort structurel d’économies.
  • Emmanuel Macron s’était fixé un objectif d’une stabilisation en volume de la dépense publique en 2018. Avec une prévision d’inflation de +1 % en 2018, cela signifiait donc une augmentation en valeur de +13 Mds€ en 2018. Avec une évolution tendancielle (inflation, chômage, démographie, …) de la dépense publique estimée à +33 Mds€, cela signifiait donc une économie de 20 Mds€ en 2018 à réaliser pour parvenir à la stabilisation en volume. Or, cet effort d’économies annoncé cet été a été ramené de 20 à 15 Mds€. L’objectif de stabilisation en volume de la dépense publique ne sera donc pas atteint en 2018.
  • Le Haut Conseil des finances publiques estime qu’il existe des « risques significatifs» sur la réalisation des économies prévues par le Gouvernement. L’effort est reporté en fin de quinquennat.
  • L’essentiel de l’effort d’économies repose sur les collectivités locales et la sécurité sociale.

Chômage : en décembre 2017, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A a très légèrement diminué de – 0,08 % par rapport au mois précédent (- 2.700 chômeurs), soit une quasi-stabilité.

  • Cette stagnation en décembre s’inscrit dans un cycle ininterrompu de baisses et de hausses en 2016 et 2017 (6 mois de hausse et 6 mois de baisse en 2017).
  • Le chômage a augmenté depuis mai 2012: le nombre de chômeurs de catégorie A était de 2,9 millions en mai 2012, il est de 3,45 millions en décembre 2017 (3,7 millions avec les DOM). Soit une hausse de + 17 % (plus de 500.000 chômeurs de plus). Pour les catégories A, B et C : il a augmenté de 4,8 à 5,6 millions (800.000 en plus) (+ 2,6 % en 1 an).
  • Néanmoins, selon l’Insee[6], en 2017 le taux de chômage a reculé de plus d’1 point et notamment de 0,7 point au cours des trois derniers mois de 2017, lui permettant de passer sous la barre symbolique des 9 % fin 2017 : 8,6 % en métropole, 8,9 % avec l’outre-mer. Soit son taux le plus bas depuis 2009. Selon Eurostat[7], le taux de chômage en France serait de 9 %. Néanmoins, si l’on observe la catégorie A uniquement, celle des sans-emplois, la baisse n’est que de 15.700 en 2017, soit une baisse de 0,45 % seulement : soit une quasi-stagnation.
  • Surtout, la France connaît encore un taux de chômage supérieur à la plupart de ses voisins européens.
  • Selon les dernières données d’Eurostat pour janvier 2018[8], le taux de chômage est de 3,6 % en Allemagne, 4,3 % au Royaume-Uni, 8,6 % dans la zone euro (mais plombé par les 20,9 % de la Grèce et 16,3 % de l’Espagne) et 7,3 % dans l’UE. La France demeure en queue de peloton de l’UE, avec le 22ème pire taux de chômage sur 27.
  • Le chômage a été largement financé par l’argent public et donc le déficit ces dernières années, notamment à travers des centaines de milliers d’emplois aidés (450.000 en 2016, 190.000 contrats aidés signés au 1er semestre 2017). La Cour des comptes a estimé le coût des emplois aidés à 10 milliards d’euros par an, tout en les jugeant globalement inefficaces.
  • Le plan de 500.000 formations lancé par François Hollande en 2016 a, de surcroît, permis un traitement statistique du chômage, en faisant passer des chômeurs de catégorie A en catégorie D (qui regroupe les inscrits de Pôle emploi en formation) (105.000 chômeurs de catégorie A en moins en 2016).

[1] L’institut Coe-Rexecode indique toutefois que les parts de marché françaises à l’exportation ont continué de se dégrader en 2017.

[2] Publication d’Eurostat du 24 janvier 2018.

[3] Chiffres loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 du 22 janvier 2018.

[4] Publication Eurostat, 24 janvier 2018.

[5] Publication Insee, 26 mars 2018.

[6] Publication de février 2018.

[7] Publication de mars 2018.

[8] Ibid.