Parjures dans l’affaire Benalla : « Il n’y a pas de faiblesse à avoir », déclare François-Noël Buffet

Public Sénat – 17 janvier 2019

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Le vice-président de la commission des Lois du Sénat, François-Noël Buffet (LR), considère que, « de toute évidence », il y a eu des parjures devant la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Il déclare qu’il serait normal de « transmettre les éléments » au procureur.

Le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, affirmait hier lors de son audition, qu’Alexandre Benalla serait convoqué par le parquet dans les jours à venir. Moins de 12 heures après, l’ancien chargé de mission à l’Élysée a été placé en garde à vue. L’enquête le concernant a été étendue aux infractions de « faux » et « usages de faux ».

« Je ne suis pas surpris, dans la mesure où les révélations que nous avons eues hier démontrent à l’évidence des infractions graves », a réagi sur Sénat 360 François-Noël Buffet, vice-président de la commission des Lois, qui dispose encore pour une semaine des prérogatives d’une commission d’enquête. Patrick Strzoda avait révélé hier, qu’Alexandre Benalla avait rédigé un faux en écriture pour obtenir un passeport de service. « La plainte a été déposée depuis peu de temps, je ne suis pas étonné qu’il soit en garde à vue et ça me paraît parfaitement normal à ce stade », a ajouté le sénateur du Rhône.

« On ne peut pas accepter que devant une commission d’enquête, on puisse mentir »

Autre révélation marquante : Alexandre Benalla a voyagé une « vingtaine de fois » en utilisant ses passeports diplomatiques entre le 1er août et le 31 décembre 2018. Des dates qui ne coïncident pas avec la version d’Alexandre Benalla, qui affirmait le 19 septembre, que ses passeports se trouvaient à l’Élysée. Y a-t-il eu parjure ? « De toute évidence, oui » pour François-Noël Buffet. « Il me paraît parfaitement normal que nous saisissions, que nous transmettions en tous les cas, au procureur de la République ces éléments-là pour qu’il engage les procédures nécessaires ».

Le sénateur LR rappelle qu’il appartiendra aux rapporteurs de la commission de se prononcer. Pour sa part, il défend la voie de la fermeté, comme d’autres collègues. « On ne peut pas accepter que devant une commission d’enquête, où l’on prête serment, on puisse mentir comme cela a été fait, la preuve est rapportée. Il n’y a pas de faiblesse à avoir de ce point de vue là. »