Mobilité et santé : deux enjeux intimement liés

Voir mon intervention au Conseil de Métropole du 18 mars 2019

« Je suis intimement convaincu qu’il y a urgence et que nos politiques publiques doivent favoriser davantage non seulement les modes doux – j’avais eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet au dernier conseil – mais aussi la réduction de la pollution industrielle et celle dû au chauffage. Toutes les démarches que nous entreprendrons seront bénéfiques pour le bien-être et la santé de nos concitoyens. Le coût de la pollution de l’air (extérieur et intérieur) annuel total pour la France est estimé à 100 milliards d’euros dont une large part liée aux coûts de santé. »

Retrouvez mon intervention lors du conseil de la Métropole de Lyon du 18 mars 2019

Verbatim :

Intervention de M. le Conseiller BUFFET lors de la séance publique du 18 mars 2019 sur la délibération n° 2019-3336 – déplacements et voirie – Projet européen MELINDA « santé et mobilité » – Partenariat avec l’Agence Auvergne-Rhône-Alpes énergie environnement (AURA-EE) – 

« Monsieur le Président, mes chers collègues, sur cette délibération, je voudrais procéder à certaines observations. D’abord, il faut rappeler que le programme pan-européen sur les transports, la santé et l’environnement a été créé en 2002 par la Commission économique des Nations unies pour l’Europe et le Bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé, afin de favoriser le développement des transports terrestres respectueux de la santé et de l’environnement.

Le projet MELINDA que vous nous soumettez, pour lequel il nous est demandé  de nous prononcer aujourd’hui, poursuit l’objectif de la mise en œuvre d’un nouveau modèle visant à renforcer les comportements de mobilité à faibles émissions de carbone à travers l’analyse des facteurs qui influent sur la demande et l’offre de mobilité, en utilisant une approche d’innovation transectorielle et sociale.

Chacun sait ici que le lien entre la mobilité et la santé n’est plus à faire. D’ailleurs, depuis le début des années 2000, plusieurs plans nationaux œuvrent à la résolution des problèmes de santé et d’environnement liés aux transports. La participation de la Métropole, tel que cela vient d’être rappelé, à cette étude, n’est naturellement pas contestable et notre groupe votera cette délibération évidemment.

Pour autant, considérant l’ampleur de la problématique, nous venons de l’évoquer quasiment depuis le début de la matinée, nous sommes un peu étonnés du prisme qui est pris. Le suivi sanitaire d’une cohorte d’individus pour mesurer les bénéfices sur leur santé de se déplacer en modes doux, je crois que nous n’avons pas besoin d’une étude extraordinaire pour s’en convaincre, nous le sommes tous déjà. Il nous semble d’ailleurs que cette démonstration n’est plus à faire, Pignon sur rue, notamment, le démontre depuis plus de 10 ans.

Oui, nos modes de transport ont une influence non seulement sur notre santé, mais aussi sur tout notre environnement. Une étude d’ailleurs très récemment publiée a permis de dénombrer 60 000 morts en France dus à la pollution. Alors nous sommes naturellement convaincus de cette démarche. Je la caricature à peine en considérant que l’ampleur du sujet va bien au-delà de cette simple démarche et j’avais prévu cette intervention pour attirer votre attention sur le fait que d’autres modes d’action sont absolument nécessaires pour la prévention de la santé de nos concitoyens dans la Métropole.

Certains sont déjà engagés, nous le savons tous : la lutte contre la pollution industrielle, celle liée aux systèmes de chauffage, l’amélioration des  logements en très mauvais état pour favoriser les économies d’énergie sont engagées et nous paraissent très importants mais nous souhaiterions avoir une vision très précise sur ces actions.

Sur le volet santé qui a été évoqué, c’est là-dessus que je voulais dire quelques mots, nous avons besoin aussi dans cette Métropole, puisque nous parlons de santé et de La Métropole est engagée pour la petite enfance, un peu pour la vieillesse, mais nous avons le sentiment qu’il faut aller beaucoup plus loin, notamment sur la présence médicale afin d’assurer la prévention sur l’ensemble de nos territoires.

La grande difficulté pour l’accès aux soins et à la santé qui touche le monde rural ou périurbainest aujourd’hui,  en train de gagner  nos propres territoires ultra-urbains où il devient de plus en plus difficile d’avoir accès la santé, aux soins ou à aux modes préventifs. Nous souhaiterions poser la problématique et sans doute tracer quelques pistes, en particulier sur la création de Maisons de santé interprofessionnelles sur le territoire. La Métropole pourrait parfaitement se saisir de ce sujet. Il me semble important, mais c’est également vrai en matière de suivi de la vieillesse. Le grand âge est un bonheur quelque part, mais en même temps une problématique. Il faut aussi pouvoir l’anticiper et sans doute mieux l’accompagner.

C’est sur ces points-là, monsieur le Président, mes chers collègues, que je souhaitais attirer votre attention. Certes, la délibération a un intérêt mais l’enjeu de la prévention de la santé est encore beaucoup plus important et nos politiques méritent d’être mieux connues. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas ce matin, c’est cette divergence de vue entre vous, monsieur le Président, et notre ancien Président, au sujet de l’Anneau des sciences qui participe, sur la politique de mobilité, à ce que nous voulons faire dans la prévention, offrir une qualité de vie meilleure, une qualité de l’air meilleure, en tous les cas, des conditions de vie meilleures. Et je dois dire très simplement à vous toutes et à vous tous que cela crée un trouble, un trouble important au sein de cette assemblée, car nous avons à plusieurs reprises délibéré sur ces sujets-là, il y a eu des divergences, il y a eu des stratégies de fixées, il y a eu des enjeux mais aujourd’hui, sur un sujet de mobilité sur lequel tout le monde s’exprime, tout le monde a un point de vue, on est en train de bousculer un des sujets importants de notre Métropole qui est celui, notamment, des mobilités automobiles et de ses grandes infrastructures.

Alors, il est inutile d’avoir des discussions dans cette enceinte, si les stratégies qui ont été déterminées il y a quelques années sont contestées aujourdh’ui. Je ne partageais pas le tracé du périphérique en lui-même, mais sur le principe, le groupe auquel j’appartiens n’y était pas défavorable.  Il est quand même question maintenant d’avoir les idées claires et de savoir où nous allons et je crois que vous avez ce matin, par vos propos, créé, en tous les cas pour ce qui me concerne, un trouble et je souhaite qu’on puisse y voir beaucoup plus clair si on veut construire, à terme, une vision de cette Métropole et singulièrement de sa politique des mobilités qui soit pérenne,  qui ne soit pas remise en cause sans cesse. Merci. »